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Elvis A(aron) Presley
surnommé « The King »,
8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi
16 août 1977 à Memphis, Tennessee
" J'ai été fan de chanteurs.mais une idole,
dont je sois une inconditionnelle, il n'y en a qu'une :
ELVIS
" Pour le trentième anniversaire de sa mort
je ne pouvais manquer de lui rendre hommage,
c'est ce que j'ai fait sur mon blog principal :
Les Arts. Le succès fut tel
que cela m'a donné l'idée de consacré un blog au King".
Paroles: Diane Dufresne 1975
Si tu savais, Elvis
Tout c'que t'étais pour moé
Avec ton coq en six
Pis ta guitare chromée
J'avais des shakes dans l'corps
Quand j'entendais Hound-Dog
Dans l'juke-box du snack-bar
Où j'vendais des hot-dogs
Moé qui rêvait de faire une actrice
Pour tourner un film avec toé, Elvis
Pour tourner un film avec toé, Elvis
Avec ma crinoline
Pis mes ch'veux blonds platine
J'me prenais pour Marilyn
Quand j'allais au drive-in
A tous les samedis soirs
Avec mon chum Charlie
Qui faisait peur à voir
Mais qui s'prenait pour toé
Quand j'ai eu mon premier French kiss
C'est à toé que j'pensais, Elvis
C'est à toé que j'pensais, Elvis
Si tu savais, Elvis
Tout c'que t'étais pour moé
T'étais ma vie, mon vice
T'étais tout c'que j'aimais
Quand j't'avais vu jouer des hanches
Au Ed Sullivan Show
J'avais perdu connaissance
Tellement qu'j'avais eu chaud
C'était moé la fondatrice
De ton fan club de mon quartier, Elvis
De ton fan club de mon quartier
J't'ai donné mes quinze ans
Ensuite j'ai faite ma vie
Mais j'ai gardé longtemps
Ta photo au-dessus mon lit
Pis un jour j'ai pris un charter
J'ai été à Las Vegas
J'ai crié Love me tender
Du fond du Cesar's Palace
Ce soir là, mon p'tit torvis
Tu m'as encore faite brailler, Elvis
J'ai pensé qu'tu chantais pour moé
Tu vieillis mal, Elvis
T'aurais p't'êt dû mourir
Comme Marilyn ou Janis
T'avais pas l'droit d'vieillir
Aujourd'hui y'en a des plus jeunes
Y'en a des ben plus fous qu'toé
Mick Jagger, Elton John
Et pis David Bowie
Y'en a même un qui s'appelle Alice
Y s'en fait pus des mâles comme toé, Elvis
Y s'en fait pus des mâles comme toé
Love me tender, love me true
Elvis, tu sauras jamais
C'que t'étais pour moé

"Si tu savais Elvis tout ce que tu es pour moi!!!"
A mon idole
JEUNESSE

Elvis nait dans un 2 pièces en bois de Old Saltito Road,
Vernon emprunta 180 $ à Orville Bean, pour construire la maison de Tupelo,
sur la route Nord de Saltillo, lorsqu'il sut que Gladys était enceinte en 1934.
Il a construit la maison de Tupelo avec Travis Smith
et son père Jessee.
C'est Billie Boyd & East Heights Garden
qui restaurèrent la maison de Tupelo où est né Elvis.

Elvis, 2 ans
dans une famille pauvre de Tupelo dans le Mississippi,
Elvis A(a)ron Presley est le fils unique de

Gladys Love Smith et de Vernon Elvis Presley.
La mère Gladys
Gladys Love Smith est née le 25 avril 1912, à Pontotoc, Mississipi,
et est décédée, le 14 août 1958, à Memphis, Tennessee.
Le père de Gladys est devenu aveugle lorsqu'elle avait 21 ans.
Elle s'est mariée à Vernon Presley le 17 juin 1933, à Pontotoc, Mississipi.

Gladys mit Elvis Presley au monde,
avec l'aide du Docteur William Robert Hunt.
Gladys travailla à Tupelo, dans le quartier Milltown,
chez Tupelo Garment Co.,
à 12 heures par jour, pour 13 $ par semaine.
Annie Presley travailla avec elle.
Celle-ci est l'épouse de Sayles Presley,
qui lui est le frère de Jessie et Noah Presley.
Jessie D. McClowell Presley est le grand-père d'Elvis.
En novembre 1952, Gladys travailla à l'hôpital St-Joseph de Memphis
.
On voit Gladys, avec Vernon, dans le film Loving You,
lorsque Elvis interprète Got A Lot O' Lovin' to Do.
Elvis n'a plus jamais voulu revoir ce film par la suite.
Leurs amis Willie Nichols et son mari Carl
(il avait fait les travaux de réfection à leur résidence
de Audubon Drive à Memphis)
font aussi partie des figurants du film Loving You,
C'est le metteur en scène, Hal Kanter,
qui les avait fait asseoir ensemble.
Elvis conduisit sa mère à Temple,
Texas pendant qu'il effectuait son entraînement militaire et ce,
afin qu'elle puisse prendre le train Santa Fe,
pour aller se faire soigner à Memphis.
Elle devait succomber quelques semaines plus tard.
Elvis a offert à sa mère une Cadillac rose 1956 Crown Victoria,
achetée le 3 septembre 1956.
Elvis surnommait sa mère "Douceur" et "Saytnin".
Gladys avait trois frères:
Travis Smith, qui est mort à 30 ans, Johnny Smith,
qui est mort à 46 ans et Tracy Smith.
Clettes (Cattie), soeur de Gladys, était mariée à Vester,
le frère de son époux Vernon, et elle était la mère de Patsy,
secrétaire d'Elvis et amie de Priscilla.
Les soeurs de Gladys étaient: Clettes, Rhetta, Levalle, Lillian et Effie Smith.
Une des cousines de Gladys s'appelait Mary Lyons.
Gladys est tombée malade quand Elvis était à Fort Hood,
et que la chanson Hard Headed Woman
était en première position du palmarès,
le 28 juillet 1958.
Elle est décédée à l'hôpital Methodist de Memphis, à 3 h 15.
Elle fut soignée dans la chambre n° 688.
Son médecin traitant était le Docteur Charles Clarke de Memphis.
Elle décède lorsqu'Elvis est en stage à Fort Hood, Texas.
Elvis était toutefois en permission, à Graceland,
et en repos pour la nuit lorsque son père l'a appelé de l'hôpital
pour l'informer de la tragique nouvelle.
Elvis fut littéralement atterré.
C'est Billy Stanley qui avait répondu au téléphone à ce moment-là.
Les funérailles de Gladys furent célébrées par le Révérend James Hamill.
Durant le service, le Blackwood Quartet a chanté
Take My Hand Precious Lord. J.D.
Sumner faisait aussi partie de ce quartet à cette époque.
Ils ont aussi chanté Precious Memories et Rock Of Ages.
Le cortège funèbre était conduit par l'inspecteur Legg, de Memphis.
Elvis a fait inscrire sur la petite épitaphe :
« Elle était le soleil de notre foyer »
L'ancêtre des Presley de neuf générations était David Presley,
lequel était un Anglo-Irlandais.
Celui-ci eut un fils qui s'appelait Andrew.

Le père Vernon
Vernon Presley est né le 10 avril 1916, à Fulton, Mississipi,
comme son frère Vester.
Il est décédé à Memphis, le 26 juin 1979.
Sa mère s'appelait Minnie Mae (Dodger) Hood,
et son père, Jessie Presley.
Vernon avait un frère, Vester, né à Fulton, Mississipi,
Vernon fut condamné à 3 ans de prison, le 23 mai 1938,
avec Travis Smith et Lether Gable,
pour contrefaçon de chèque de 40 $, à Orville Bean.
La sentence fut prononcée par le Juge Thomas S. Johnston.
Il fut libéré, le 6 février 1939, du pénitencier de Parchmen, sur l'autoroute 61.
Il commença à servir sa peine le premier juin 1938.
Il fut libéré suite à une pétition des citoyens d'East Tupelo,
ainsi que par une lettre de Monsieur Orville Bean,
demandant une suspension de peine.
Forrest L. Bobo et sa femme Flora ont amené,
à une occasion, Gladys et Elvis voir Vernon en prison.
En 1946, Vernon est chauffeur chez un grossiste en alimentation de Tupelo.
En septembre 1949, Vernon travailla chez United Paint Company, à Memphis
.
En juin 1953, Vernon avait acheté une Lincoln Zephyr 1942,
qu'il avait offert à Elvis pour ses 18 ans.
Vernon avait payé 50 $ pour cet achat.
Elvis promenait souvent sa mère avec cette voiture.
Delta Mae Biggs ,Gladys Earline, Lorene et Nasval

Elvis, 3 ans
et oui notre beau ténébreux était blond.
Il avait un jumeau mort né.
Elvis grandit à Tupelo jusqu'à l'âge de treize ans,
Pentecôtiste, la famille participe à de nombreuses chorales gospel,
dans lesquelles le chanteur donne de la voix.

Le 8 janvier 1946, pour fêter les 11 ans d'Elvis,
Gladys lui achète une guitare pour $7,75
(une très grosse somme pour les Presley).
Elvis lui, aurait préféré une bicyclette. Devant l'insistance de sa mère,
il accepte en pleurs la guitare...
et son oncle lui enseigne ses premiers accords de bluegras.


Elvis A(aron) Presley
surnommé « The King »,
8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi
16 août 1977 à Memphis, Tennessee
Nous avions laissé Elvis sur :
Le 8 janvier 1946, pour fêter les 11 ans d'Elvis,
Gladys lui achète une guitare pour $7,75
(une très grosse somme pour les Presley).
Elvis lui, aurait préféré une bicyclette.
(il n'aura sa bicyclette qu'à Noël 47)
Devant l'insistance de sa mère,
il accepte en pleurs la guitare...
et son oncle lui enseigne ses premiers accords de bluegras.

A l'âge de 10 ans, Elvis avait participé à un concours amateur à Tupelo,
le concours fut diffusé sur la radio locale.
C'est aussi l'époque ou il découvre le gospel à l'église
ainsi que le blues dans le quartier noir de la ville.

Ses parents, sans travail et en grande difficulté financière,
déménagent à Memphis, grande ville du Tennessee
et vivent dans un deux-pièces social,
Gladys fait des ménages et travaille la nuit dans un hôpital,
Vernon travaille ici et là.
Très vite, Elvis travaille également :
il tond des pelouses, lave des voitures
et vend des cornets de glaces en dehors de l'école.
Elvis lorsqu'il étudie à Humes High Schol,
joue lors d'un spectacle de fin d'année
et est très surpris de recevoir des applaudissements.

"Les yeux magnifiques, la bouche.... Elvis châtain clair,
mèche "aguicheuse",
avant de se teindre les cheveux".

Après l'école secondaire, diplômé le 3 juin 1953.
Elvis trouve très vite un travail dans une société d'outillage,
mais rêvant de conduire un camion,
il trouve finalement un emploi à la Crown Electric Compagny,
comme chauffeur-livreur, un travail qui lui convient.
Elvis porte alors les cheveux plus longs que les jeunes de l'époque,
il est reconnu comme chanteur s'accompagnant à la guitare.

Durand l'été 1953, Elvis pousse la porte d'un petit studio
d'enregistrement spécialisé dans la musique noire :

Elvis en 1954, il est encore blond.

Le Studio Sun Records à Memphis,
dont la devise était
"WE RECORD ANYTHING -- ANYWHERE -- ANYTIME"
Reçu par la secrétaire Marion Keisker,
Il enregistre à ses frais deux titres :
"My Happiness" et "That's When Your Heartaches Begin"
puis repart avec le disque sous le bras pour les offrir à sa mère,
sa seule motivation pour cet enregistrement.
A suivre...

Le Studio Sun Records à Memphis,
dont la devise était
"WE RECORD ANYTHING -- ANYWHERE -- ANYTIME"
Reçu par la secrétaire Marion Keisker,
Il enregistre à ses frais deux titres :
"My Happiness" et "That's When Your Heartaches Begin"
puis repart avec le disque sous le bras pour les offrir à sa mère,
sa seule motivation pour cet enregistrement.
C'est ici que nous avions laissé Elvis, alors, que fait-il ensuite?

M. Keisker, qui sait que Sam Phillips, son patron,
est à la recherche de jeunes chanteurs,
note le numéro de téléphone du jeune Elvis.
Elle lui trouve un style bizarre,
mais lui reconnaît une belle voix et note sur sa fiche
« EP : voix à écouter, bon chanteur de ballade ».

Le bureau ou Marion a reçu Elvis, pas très riche le studio.....
Lorsqu'elle en parle à Phillips,
ce dernier recontacte Elvis pour un essai.
Le téléphone à peine raccroché,
Elvis est dans le studio devant Phillips.
Après plusieurs essais peu concluants,
Sam Phillips est toutefois impressionné
par la grande mémoire du jeune homme « à la queue de canard »,

Sam Philipps, Elvis et Marion
il dira plus tard à ce sujet :
« C'était incroyable,
Elvis connaissait par cœur toutes les chansons dont je lui parlais.
Si sa voix n'était pas souvent juste,
par contre je dois dire qu'elle avait un rythme assez particulier.
Hélas, je n'avais pas le temps de lui apprendre à placer sa voix,
mais Elvis était tenace et je lui permettais de revenir le lendemain. »
et Philipps demanda à un groupe musical d'être présent
lors de la nouvelle audition, afin de soutenir Elvis musicalement.

Elvis, Bill Black, Scotty Moore et Sam Philipps
Il y avait Scotty Moore à la guitare et Bill Black à la contrebasse.
Les deux musiciens ne sont guère impressionnés,
mais le 5 juillet, ils sont en studio.
Rien de convenable ne sort et Philips,
très déçu, s'apprête à fermer le studio.
C'est alors qu'Elvis entame les premières notes d'une vieille chanson :
That's All Right Mama.
Je vous livre le commentaire de Phillips :
« Ce que venait de faire Elvis avec That's All Right
me donna immédiatement la chair de poule.
Je savais qu'on tenait quelque chose.
Ce n'était pas la chanson à proprement parler,
mais ce qu'en faisait Elvis, la chanson était à l'origine un blues,
Elvis l'a transformée en rock and roll.
Je peux vous dire que pour moi c'était un choc.
Je décidais qu'il devait l'enregistrer.
Ce fut son premier vrai succès à Memphis. »

Un trio qui devint célèbre venait de naître :
Presley-Moore-Black
il portera le nom de :
« The Blue Moon Boys.
En octobre 1954, le batteur D.J. Fontana se joint à eux.
Phillips l'envoie en tournée dans le sud des États-Unis....
A suivre....
Je dédie ce billet à mon ami Martin du Québec,
un fan comme moi.
Je reprends ce billet pour t'annoncer un super nouvelle,
sur 137 blogs de musique,
Love me tender Elvis est à ce jour le 1er,
oui tu as bien lu le Number one
il a pris 111 places avec une note de 6.95
le second me talonne avec 6.51
YES!!!!
Nous avons laissé le trio Elvis, Scotty Moore à la guitare
et Bill Black à la contrebasse.



après son enregistrement deThat's All Right, Mama
avec Blue Moon of Kentucky en face B.
Les trois associés continuent d'enregistrer,
(il y aura cinq 45 tours pour Sun Records, dont le dernier :
Forgot to Remember to Forget, accompagné de Mystery Train,
atteint la première place au classement des ventes de « singles»).
et commencent à jouer dans la région.
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Sam Phillips organise une tournée dans le sud des Etats-Unis.
Les débuts sur scène sont assez maladroits,
mais certainement pas timides.
Les coups brusques de bassin du jeune homme,
sont une innovation provocante pour l'époque.

Au cours de ses concerts,
Elvis invente son fameux jeu scénique qui va faire de lui une star.
Il se roule par terre et danse comme un possédé,
mettant l’accent et faisant les gestes adéquats
sur les connotations sexuelles des paroles.
Elvis est alors surnommé "Pelvis".
Les spectateurs et surtout les spectatrices de Memphis hurlent,
annonçant tous les excès des décennies suivantes….
C'est aussi le début d'une nouvelle expression musicale le
Rockabilly "Rock-A-Billy ou Hillbilly Rock,
qui a vu le jour dans la première moitié des années cinquante
et qui peut se résumer dans les termes suivants
empruntés à Michel Rose :
"Sorte de Rock’n’Roll blanc, typiquement sudiste et rural,
né à Memphis en 1954.
D'une part influencé par les formes ancestrales
de musiques Country & Western alors appelé Hillbilly,
et le Blues noir ainsi que le rock'n'roll nordiste de Bill Haley".
Elvis Presley y mélange un large répertoire,
allant des tubes de rythm’n blues aux blues ruraux
semblant sortis de la nuit des temps, comme "Mystery Train"…
Magazine
Le lundi, du 10 septembre 1977,
Entrevue de Gilles Léveillée avec Priscilla Beaulieu.
Mme Beaulieu, comment ressentez-vous la mort de votre ex-mari, Elvis Presley ?
J'ai très mal, je ne peux en dire plus long.
Pourtant, vous ne l'aviez pas vu depuis très longtemps ?
Ce n'est pas important le fait de se voir souvent ou pas du tout, après une rupture. Ce qui fait mal, c'est qu'il soit mort, qu'il ait souffert, c'est qu'il soit parti si jeune. Ce n'est pas juste, la vie n'est pas juste. Je m'en rends compte de plus en plus.
Quand l'aviez-vous vu pour la dernière fois ?
Je ne me souviens pas la date, je sais qu'il avait été très gentil et que nous nous étions rappelés de bons souvenirs ...
Quels souvenirs ?
Un trente avril... un beau jour de printemps..
Pourquoi le trente avril ?
C'était le jour de notre mariage. Tout était beau. Nous étions au comble du bonheur. Et maintenant, il est mort si jeune. Il me semble que c'est hier.
Vous regrettez le divorce et tout ce qui est arrivé après ?
Non, c'était nécessaire... il fallait nous quitter, mais je regrette que la vie nous amène à faire ces choses-là, malgré nous souvent, à cause de toutes sortes de circonstances incontrôlables.
Vous croyez que le divorce l'ait marqué ?
Je ne comprends pas...
Vous croyez que le divorce l'ait marqué pour longtemps, l'ait empêché d'être heureux ?
Je ne sais pas. On ne divorce jamais avec plaisir. C'est la fin de l'amour, d'un grand rêve... ça fait mal.
Comment avez-vous appris la nouvelle de sa mort ?
Par la télévision... c'est terrible. Je pleurais, je n'y croyais pas. Je n'y crois pas encore... Il me semble que je fais un cauchemar interminable, sans fin. Je me dis que ce n'est pas vrai.
Je suis si fatiguée de toute cette publicité qui entoure la mort d'Elvis. Il est comme un objet qu'on montre partout. Il est un dieu maintenant.
Vous semblez amère ?
Oui...
Pourquoi ?
Parce qu'il faut qu'on meure parfois pour que les gens réalisent que nous souffrons.
Vous croyez qu'il souffrait ?
J'en suis sûre. On ne meurt pas comme ça à quarante ans sans souffrance morale ou physique. On se bat avant de mourir.
Vous croyez qu'Elvis avait encore le goût de vivre ?
Il l'a toujours eu, même dans les années les plus noires, les plus tristes.
Vous avez revue Lisa-Marie, récemment ?
Elle a toujours eu besoin de moi, comme d'Elvis.

Sonia Benezra a interviewé le 25 juillet 2002, à l'émission Duo Benezra (Montréal, Canada), Joe Esposito à l'occasion du 25ième anniversaire.
Joe Esposito, bienvenue à Montréal. (Sonia Benezra)
Merci de me recevoir. (Joe Esposito)
C'est un grand plaisir de vous rencontrer. Vous êtes une véritable banque d'information sur la légende qu'est Elvis Presley. (Sonia)
Je crois, oui. (Joe)
Quand vous avez fait la rencontre d'Elvis, dans l'armée, saviez-vous qu'il allait devenir un si grand personnage ? (Sonia)
Il était déjà une vedette quand il a fait son service. J'étais très nerveux à notre première rencontre ; je n'avais jamais côtoyé de grandes vedettes. Il était d'un abord facile, très chaleureux, il rendait les gens à l'aise. J'ai tout de suite su que nous allions devenir de très bons amis. (Joe)
Qu'est-ce qui vous en a donné la certitude ? (Sonia)
La lueur dans ses yeux, son sourire... Il dégageait quelque chose... Je n'oublierai jamais ce jour. C'était impressionnant de voir ce si bel homme et son sourire. Le courant a tout de suite passé entre lui et moi. (Joe)
Vous avez ensuite travaillé avec lui pendant de nombreuses années. Vous avez été non seulement son directeur de tournée, mais aussi un grand ami qui l'a vu traverser des hauts et des bas. Quand vous avez commencé à travailler pour lui, cela a-t-il été difficile de concilier votre amitié et votre relation professionnelle ? (Sonia)
Pas avec lui, car l'amitié passait avant tout. Travailler pour Elvis Presley n'était pas ordinaire ; je devais être disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. J'habitais donc chez lui. Je m'occupais de tout organiser, que chacun fasse son affaire. C'était mon travail. En dehors des heures de travail, nous mangions ensemble, nous faisions tout ensemble. C'était spécial, nous formions une grande famille. Nous avions du plaisir, nous profitions de la vie. (Joe)
Comment était-ce lors des moments difficiles, quand Elvis consommait drogues et alcool, quand il était malheureux ? Pouviez-vous aborder le sujet avec lui, lui dire qu'il devait se reprendre en main ? Était-ce un sujet tabou ? (Sonia)
Non. Nous avons tous essayé, son père, Priscilla, les autres gars, moi... Il ne buvait pas, il était contre ça parce que sa mère était alcoolique. Mais il n'avait rien contre les médicaments d'ordonnance car ils sont prescrits par un médecin ! Tout le monde sait que ces médicaments peuvent être très dangereux ; on prend plus d'un comprimé en pensant obtenir un meilleur résultat, mais ça ne fait qu'empirer. C'était difficile pour nous de le voir ainsi, mais il se reprenait quelquefois en main. En vacances, il arrivait qu'Elvis ne prenne aucun médicament, qu'il s'amuse. Si quelque chose le perturbait, il n'en parlait pas et se tournait vers les drogues de nouveau. J'ai une vague idée des raisons qui le poussaient à agir ainsi... (Joe)
Quelles sont-elles ? (Sonia)
Ses 40 ans ont marqué un point tournant dans sa vie. A l'époque, cet âge signifiait qu'on amorçait la deuxième moitié de sa vie. Ça l'inquiétait beaucoup. Il avait beaucoup de kilos en trop à cette époque, et certains médias n'y sont pas allés de main morte. En couverture d'un magazine, on a pu voir un croquis d'Elvis dont le titre était :
" Gros à 40 ans. "
C'est horrible. Ça aurait dérangé n'importe qui. Il ne nous en a jamais parlé, mais ça le tracassait. Des gens comme lui réagissent en prenant un comprimé. Il se demandait si le public l'aimerait à 50 ans, à 60 ans, s'il était encore un sex-symbol à 40 ans, etc. Ça le troublait énormément. On aurait pensé qu'il ferait quelque chose à ce sujet, mais non. (Joe)
Vous parlez d'Elvis, vous avez écrit sur lui, vous partagez vos souvenirs... Croyez-vous qu'il serait content ou fâché que vous le fassiez ? (Sonia)
J'espère qu'il serait content, car je raconte les faits et je ne cache rien. Il faut comprendre qu'être une super vedette est très contraignant. Chaque partie de votre vie est examinée à la loupe, les gens inventent des histoires à votre sujet. Vous n'avez plus de vie privée. Elvis se demandait souvent si les gens l'aimaient pour la vedette qu'il était ou pour la personne qu'il était. (Joe)
Vous sentez-vous le devoir de clarifier les choses en son nom ? (Sonia)
J'essaie de le faire. Beaucoup d'histoires à son sujet sont fausses, et j'aime remettre les pendules à l'heure. (Joe)
Êtes-vous toujours en bons termes avec Priscilla ? (Sonia)
Oui. Bon nombre de fans détestent Priscilla parce qu'elle a quitté Elvis. Mais il faut comprendre que, pendant que nous nous amusions, nos femmes étaient à la maison et s'occupaient des enfants. Je comprends donc leur rupture ; moi aussi, j'ai divorcé. Nous étions déchaînés, et nous ne voulions pas changer. (Joe)
Selon vous, quelle serait la réaction d'Elvis quant aux décisions qu'a prises Lisa Marie, comme son mariage avec Michael Jackson ? (Sonia)

Oui, très bien. Celles qui l'ont fréquenté l'aimaient beaucoup. Il avait un coeur d'enfant. (Joe)
Sa relation avec sa mère était très particulière, il la vénérait. Qui était avec lui quand elle est décédée ? (Sonia)
Pas moi, car je l'ai rencontré après la mort de sa mère. (Joe)
En parlait-il ? (Sonia)
Non, il ne parlait pas de sa mère, pas avec nous. Elvis avait un jumeau qui est mort-né, et après cet accouchement, sa mère n'a pu avoir d'autres enfants. Elle a donc surprotégé Elvis. Ils étaient très proches. Elvis n'avait pas beaucoup d'amis, il ne vivait que pour sa mère. (Joe)
Le colonel Parker est un autre personnage important dans la vie d'Elvis. Aimait-il Elvis ? (Sonia)
Oui, il l'aimait. (Joe)
Selon vous, il a pris les décisions qu'il a prises parce qu'il l'aimait ou parce qu'il voulait faire de lui une vedette ? (Sonia)
Il voulait en faire une star, il voulait gagner beaucoup d'argent, et il voulait bien s'y prendre. Le colonel a fait des erreurs, comme tout le monde. Ensemble, Elvis et lui formaient une équipe. Personne ne savait aussi bien s'y prendre avec Elvis que le colonel Parker. Elvis était très entêté ! Le colonel ne l'a pas sur utilisé, comme le font beaucoup d'imprésarios. Il n'a pris aucun autre artiste sous son aile ; il ne s'occupait que d'Elvis, parce qu'il l'aimait beaucoup. Il savait comment le traiter, et c'est pourquoi Elvis est devenu si populaire et l'est resté. Elvis était très déçu de sa carrière au cinéma, il trouvait ses rôles ridicules. Le colonel a joué pour beaucoup dans les décisions d'Elvis ; entre autres, il l'a encouragé à refuser le rôle dans A Star is Born, et pourtant... Il y avait de bonnes raisons pour qu'il refuse. Entre autres, Barbra Streisand était très difficile. (Joe)
Les auriez-vous vus jouer ensemble ? (Sonia)
Absolument ! Ils auraient sûrement eu des prises de bec. Mais le résultat aurait été fabuleux. Ce film était parfait pour lui. Mais à l'époque... Le copain de Barbra, Jon Peters, devait réaliser le film. Il était coiffeur, pas encore réalisateur. Les acteurs ne devaient pas recevoir de cachet, mais seulement toucher un pourcentage des recettes. Le colonel n'était pas d'accord et a demandé un cachet, mais ils ont refusé. Ils exigeaient aussi que Barbra soit en tête d'affiche, et Elvis au second rang, mais le colonel les voulait côte à côte sur l'affiche. Je suis d'accord avec lui. Ils ont beaucoup négocié, mais ça n'a jamais marché. Et Elvis avait entendu dire que Barbra s'appropriait le succès de ses films. J'aurais beaucoup aimé que le projet se concrétise. (Joe)
Vous étiez avec lui le jour où il est mort. Vous lui avez fait le bouche-à-bouche... (Sonia)
Non, je ne lui ai pas fait. (Joe)
Que s'est-il passé en ce fameux dernier jour de sa vie ? (Sonia)
Nous devions partir en tournée ce soir-là et je m'occupais de tout préparer. Je devais réveiller Elvis à 16 h. À 14 h, sa copine d'alors, Ginger Alden, a téléphoné de l'étage et a parlé à Al, notre valet de chambre. Elle lui a demandé de monter, car Elvis était inconscient. Al est monté et m'a appelé sur l'interphone pour que j'aille le rejoindre. Quand je suis arrivé dans la salle de bains, Elvis gisait par terre. Je me suis penché sur lui, et j'ai tout de suite su qu'il était mort. Je l'ai retourné, mais je n'ai pas pu lui faire le bouche-à-bouche parce que sa bouche était fermée et impossible à ouvrir. J'ai essayé, mais en vain. J'ai pris le téléphone et j'ai composé le zéro pour une ambulance, car à cette époque, le 9-1-1 n'existait pas. Je lui ai fait un massage cardiaque, et ça ne donnait rien, mais j'ai continué. Lisa Marie était là, elle devait retourner en Californie ce jour-là. Ginger était avec elle dans l'embrasure de la porte de la salle de bains, et je lui ai demandé de l'éloigner de là. Je n'ai pas aimé qu'elle voie son père comme ça. L'ambulance est arrivée, et nous avons balancé Elvis... Qu'est-ce que je dis là ? J'ai l'esprit embrouillé. Nous l'avons mis sur la civière, puis dans l'ambulance. J'y suis monté avec Charlie Hodge et Dr. Nick, qui venait d'arriver. À l'hôpital, on a emmené Elvis à la salle d'urgence, on nous a emmenés dans une autre pièce. Après trente minutes d'attente, on nous a annoncé qu'Elvis nous avait quittés. C'était épouvantable, nous avons éclaté en sanglots. Il n'était plus. (Joe)
Nous voilà 25 ans plus tard. Elvis n'est plus, mais beaucoup le croient toujours vivant. D'où vient ce mythe ? (Sonia)
D'un cinglé de médecin, quelque part au... j'ai oublié l'État. Il a écrit un livre, évidemment pour faire un coup d'argent, dans lequel il affirmait traiter Elvis. Apparemment, Elvis et lui sont bons amis depuis longtemps, il a des notes d'Elvis, des photos... dont une du supposé Elvis tel qu'il est aujourd'hui : un vieil homme barbu, mince, aux cheveux blancs. Il dit même que l'enfant à ses côtés sur la photo est le fils de Lisa Marie, ce qui est faux. Le mythe dure depuis longtemps.
Ce médecin est passé à la télé et à la radio en affirmant qu'Elvis est vivant, que tout était planifié, que tout son entourage est dans le coup.
Il prétend qu'Elvis voulait fuir le public. C'est la chose la plus ridicule que j'aie entendue. Cet homme vivait pour la scène. Il ne pouvait pas se cacher. Beaucoup pensent qu'on avait mis un mannequin de cire dans le cercueil, ce qui est stupide.
Dans son livre,
le médecin prétend qu'il s'agissait d'un sans-abri qu'on avait déguisé en Elvis. Tout ce qu'il veut, c'est de l'argent. Il vend des livres, il prétend qu'il est médecin... ce que je ne crois pas, car j'ai vu quelques entrevues où il refusait de dire à quel hôpital il travaille.
Mais le mythe dure depuis très longtemps. Certains l'ont vu ici et là, mais c'est ridicule. Elvis est mort le 16 août 1977. (Joe)
S'il était toujours avec nous,
quelle ampleur croyez-vous qu'aurait sa popularité ?
Serait-il aussi vénéré ? (Sonia)
Je suis certain d'une chose :
il chanterait toujours, il ferait de la scène. C'était toute sa vie. J'espère qu'il le ferait, qu'il se serait ressaisi, qu'il serait redevenu lui-même, le Elvis que je connaissais, qu'il rendrait le public heureux et qu'il ferait du cinéma. Il voulait réaliser des films de comédie et d'action. Il adorait ces choses-là. (Joe)
Pour un homme comme lui, vieillir aurait été très dur. (Sonia)
En effet, comme ça l'est pour de nombreuses vedettes féminines 'aujourd'hui. Je ne sais vraiment pas comment ce serait aujourd'hui. (Joe)
Que pensez-vous des imitateurs d'Elvis ?
Croyez-vous qu'il y en ait qui soient vraiment bons ?
Ça doit être étrange pour vous de les regarder! (Sonia)
Je ne m'y intéresse pas, mais j'en ai vu quelques-uns. Ça ne dérangerait pas Elvis de voir des gens l'imiter. (Joe)
C'est une forme de flatterie. (Sonia)
Exactement. J'aime quand quelqu'un lui rend hommage, et je l'ai déjà vu, sans essayer de devenir Elvis. Ceux qui se prennent pour lui se ridiculisent. J'en ai vu de très mauvais; ils ne savent pas chanter, ils portent des costumes qui sont à mille lieues d'égaler ceux d'Elvis. C'est embarrassant, ça me fait de la peine. Je ne peux pas les regarder. Mais certains autres sont bons. S'ils permettent aux spectateurs de revivre de beaux moments et que ceux-ci aiment le spectacle, tant mieux, ça ne me pose aucun problème. (Joe)
Que croyez-vous qu'Elvis aurait pensé du vidéoclip
et du tournant qu'a pris le monde de la musique ? (Sonia)
Depuis la mort d'Elvis, les spectacles sont devenus des méga-productions. Elvis aurait adoré ça, ça nous aurait donné beaucoup de travail. Si certaines tournées nécessitent 21 camions, il nous en aurait fallu au moins 50 ! Elvis était comme ça. (Joe)
Je suis certaine qu'il aurait aimé faire des vidéoclips. (Sonia)
Absolument ! Il aurait eu de grandes idées. C'est une ère technologique vraiment incroyable. (Joe)
De toutes les idées qu'on se fait d'Elvis, quelle est la plus fausse, à votre avis ? (Sonia)
Qu'il n'était qu'un petit gars du Mississippi pas très futé, alors qu'il était très intelligent. Il n'était pas très dégourdi quand venait le temps de traiter avec les gens, mais il était intelligent. Sa mémoire était phénoménale, il pouvait mémoriser des livres entiers. Il aimait décortiquer les mots et analyser leur origine. Il était brillant.
Croyez-vous qu'il avait conscience de son génie ? (Sonia)
Non. C'est probablement ça qui le rendait si génial. Probablement. Sa mort a été quelque chose de très triste, mais jamais je ne m'attendais à ce que 50 000 personnes assistent à ses funérailles. Nous ne le voyions pas avec les mêmes yeux que le reste du monde. C'était réconfortant de voir que tant de gens l'aimaient. Je n'aurais jamais imaginé que cette passion pour lui dure encore, 25 ans plus tard. (Joe)
Si vous pouviez n'en choisir qu'un,
quel serait le plus beau moment que vous avez passé avec lui ? (Sonia)
Il y en a eu beaucoup. Nous avons passé une semaine à Aspen, au Colorado. Priscilla et moi avions loué une maison là-bas, question de décrocher de tout. Et c'est ce que nous avons fait. Il y avait Elvis et Priscilla, Lamar Fike et sa femme Nora, puis ma femme Joan et moi. Nous étions trois couples qui allaient passer une semaine à la montagne, loin de tout. Nous avons vécu comme des gens ordinaires. Nous avons dîné ensemble, nous avons parlé, écouté de la musique, joué à des jeux de société, fait de la motoneige, etc. Personne ne savait que nous étions là, c'était le bonheur total. C'est une semaine que je n'oublierai jamais. Nous avons eu beaucoup de plaisir, nous avons ri, il n'y avait pas de pression. C'était fantastique. (Joe)
Qu'est-ce qui vous manque le plus chez lui ? (Sonia)
C'est lui qui me manque. Je m'ennuie de son rire. C'était le plus beau rire du monde ! Quand il éclatait de rire, il ne pouvait plus s'arrêter. Sur les plateaux de tournage, si le fou rire le prenait, il fallait arrêter de tourner. Il adorait rire. Peu de gens sont comme ça, surtout de nos jours. (Joe)
Je vais vous poser une question qu'on vous pose sûrement très souvent...
Si Elvis m'avait connue, m'aurait-il aimée ? (Sonia)
Certainement !
Les gens simples à la personnalité formidable le faisaient rire.
Je vous remercie d'avoir partagé vos souvenirs avec nous aujourd'hui. Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos entreprises, et merci d'avoir clarifié l'histoire d'Elvis Presley.
Elvis et Joe

Fin du dernier billet
Au cours de ses concerts,
Elvis invente son fameux jeu scénique qui va faire de lui une star.
Il se roule par terre et danse comme un possédé..
Elvis est alors surnommé "Pelvis".
Les spectateurs et surtout les spectatrices de Memphis hurlent...
Mais si les jeunes reconnaissent en Elvis un des leurs,
il n'en va pas de même pour leurs parents, scandalisés
devant ses déhanchements trop suggestifs,
ils cherchent à faire interdire le trop sexy Elvis.
Certains de ses concerts seront annulés et ses disques brûlés en public.
Le contrat d'Elvis est racheté à Sun Records 50.000 dollars par R.C.A.
Elvis ne touchera que 5000 dollars.

Dans cette Amérique puritaine, Elvis ne laisse personne indifférent :
il agace les puritains mais devient l'idole
de millions de jeunes adolescents.

Anecdote
En Floride, à Jacksonville alors qu'il s'apprête à monter sur scène
devant 22 000 admirateurs en délire,
on le prévient que la police est présente dans la salle
pour filmer ses fameux déhanchements.
Elvis prend alors la décision de ne bouger que son petit doigt
durant toute la durée du concert, l'hystérie est à son comble.
Son dernier 45 tours, I Forgot to Remember to Forget,
accompagné de Mystery Train,
a atteint la première place au classement des ventes de singles.
C'est l' époque ou Elvis ne cesse de se produire
dans le sud et le sud-ouest.

Il est notamment présent à 50 reprises
à l'émission régionale Louisiana Hayride.
dont le fondateur et producteur d’Hayride, Horace Logan,
a eut la bonne idée de faire signer Elvis
pour une apparition hebdomadaire,
alors que celui-ci est encore peu connu.
Lors de la dernière participation d'Elvis à cette émission,
Logan annonce qu'Elvis a quitté le bâtiment
afin de calmer les adolescentes
qui essaient d'apercevoir la vedette après l'émission.
« Elvis has left the building. »

La phrase sera reprise par Al Dvorin dans les années 1970
et devient un rituel après chaque concert d'Elvis.

Elvis est désormais brun (après teinture)
Suite Elvis et rencontre "le colonel"
Le "colonel" entre dans la vie d'Elvis

Elvis est alors célèbre dans le sud et sud-ouest des Etats-Unis,
il rencontre à la fin d'un concert un homme
qui est vaguement impresario.
Thomas Andrew Parker,
dit « le colonel », est un homme à qui rien ne fait peur.

QUI EST "LE COLONEL"
Parker, de son vrai nom Andreas Cornelis van Kuijk,
est né à Breda (Pays-Bas) le 28 juin 1909.
il était en fait un clandestin néerlandais
que les autorités américaines toléraient.
Selon son biographe,
c’est la raison pour laquelle Presley
n’est jamais allé en tournée à l’étranger :
son imprésario craignait
de ne plus pouvoir regagner les Etats-Unis,
où il n’était inscrit nulle part.
Avant de gérer la carrière d'Elvis,
Parker proposait au public de son pays, pour quelques cents,
le spectacle de poulets sautillant sur une plaque brulante......
Son grand-père lui avait appris que pour retenir l'attention du public
dans ce genre d'attraction douteuse,
il fallait un peu de mystère et beaucoup d'exagération.
On dit que Parker se trouva impliqué dans une affaire de meurtre
non élucidée et s'enfuit alors en Amérique.
C'est alors qu'il devient le "colonel" Tom Parker,
du nom d'un passager clandestin, jeté par-dessus bord.
Il ne songe absolument pas à la musique
et si interressa t il vraiment un jour?
Après quelques petits boulots,
il finit par s'occuper de la protection des animaux.
Non par amour envers les animaux,
mais parce qu'il bénéficia ainsi d'un logement et d'un salaire décent.
Quand les fonds manquent, Parker organise une collecte,
mais on s'aperçoit qu'il échange les dons de nourritures
destinées aux chats errants contre des steaks
pour ses soupers familiaux, vous devinez la suite...
Ce "drôle" de personnage s'occupe alors des cadavres,
en effet, il crée avec un associé, déficient mental,
un cimetière pour animaux
et persuade un entrepreneur de confectionner,
gratuitement une première pierre tombale (fausse)
pour attirer la clientèle.
Il a aussi travaillé comme "aboyeur" de cirque chez Barnum,
il y apprendra les ficelles de la publicité efficace,
qu'il utilisera par la suite dans le show business.
C'est dans ce monde qu'il rêve de réussir,
il rêve d'une réussite exceptionnelle et va tout faire pour l'atteindre.
Il quitte alors les grands cirques Barnum
pour fonder sa propre société de cirque, la Great Parker Pony Circus.
En Floride il devient aussi directeur de cirque
pour le Royal American Shows, l'ancêtre des cirques ambulants
"Ses talents de promoteur" le conduisent vers le milieu de la musique.

En 1954, un ami lui présente un chanteur qui électrise déjà les foules.
Le colonel a enfin trouvé "sa meilleure attraction" et son meilleur filon..
L'énergie dépensée par Parker
dans la carrière d'Elvis dépasse l'imagination.
Il va hisser Elvis au sommet de sa profession dans le
« show business »
et signe avec lui, le 15 août 1955 un contrat d'exclusivité sur vingt ans,
avec à la clé 15 % de tous les revenus de Presley.
Dans les années 1970, ce pourcentage est porté à 50 %.
Le « colonel » impressionne Elvis,
c'est un homme autoritaire et à qui rien n'échappe.
N'a-t-il pas dit à Elvis pour l'approcher :
« Jeune homme, pour l'instant vous valez un million de dollars,
bientôt vous les aurez comptant ».
Ce sont ces phrases qui impressionnent le jeune artiste,
qui rêve de réussite et de dollars tout autant que Parker.
Leur collaboration, qui durera jusqu'à la mort d'Elvis,
va devenir l'une des plus fructueuse que connaîtra le « show business »,
mais également la plus mystérieuse.

Tom Parker (vrai nom Andreas Cornelius Van Kuijk)
Parker dicte, Presley obéit.
Lorsque le contrat entre en vigueur,
Parker offre trois cadeaux à Presley.
Le premier est un contrat avec
la plus puissante maison de disque au monde, la RCA.
C'est elle qui va miser sur Elvis et lui avancer
les millions de dollars nécessaires à un essor planétaire.
Le deuxième est un premier disque d'or avec Heartbreak Hotel;
Elvis a tout juste vingt ans.
La suite au prochain billet


Dans la colère j'avais consacré un billet
qui citait tous les commentaires désagréables et même insultants
d'un certain Eric, sur un autre site.
Tous les goûts sont dans la nature et chacun est libre de ses choix,
mais pourquoi devenir méchant ?
Je ne vais donc mettre que quelques courts extraits de cette diatribe, contre moi,
mes amis, le design proposé par chezblog et Elvis :
"la production d'une prétendu titulaire d'une maitrise.
(faut-il à ce monsieur la photocopie de mon diplôme!!!)
Le design de votre blog est affreux
(notre serveur ne propose pas une gamme très étendue de design)
. Pas besoin d'avoir reçu une éducation raffinée pour avoir la nausée.
Avec toutes ses photos et images qui scintillent
on se croirait presque sur un skyblog d'une adolescente de 12 ans,
l'absence de langage SMS évitant la confusion.
Comment un tel mauvais goût de la part
d'une ancienne étudiante en histoire de l'Art est possible ?
J'espère que vous êtes capable de faire la différence entre un Jackson Pollock
et un gribouillage d'enfant de 2 ans.
(oui monsieur)
Vous me faite beaucoup penser au personnage de Frenchie dans
« Escroc mais pas trop » de Woody Allen.
(parce qu'évidemment je prends à droite à gauche les informations,
ne cite pas mes nombreuses sources etc...
Quand même, pour dire quelques mots sur Elvis.
Indéniablement c'était un personnage.
Il a vendu beaucoup de disques, gagner beaucoup d'argent ...
Mais enlevez tous ces nombres impressionnants,
le personnage, ces déhanchements suggestifs,
que reste-il ? Pas grand chose.
Même si je trouve sympa certains de ces morceaux,
qu'on peut éventuellement considérer
comme des morceaux d'anthologie du Rock sans que cela me choque,
sur le plan de la créativité, je le trouve un peu faible.
Son oeuvre est assez superficielle je trouve.
Pour rester dans le Rock,
Je lui préfère de très loin The Doors.
Jim Morrison n'était pas qu'un sex-symbol, un chanteur pour minettes.
C'était un intellectuel engagé, un poête de génie
du niveau d'un Baudelaire, ou d'un Verlaine. "
Eric vous devriez relire Verlaine et Baudelaire
et pour finir, ce que déteste ce monsieur :


Petit rappel sur les 3 cadeaux du "colonel":
Le premier est un contrat
avec la plus puissante maison de disque au monde, la RCA.
Le deuxième est un premier disque d'or
avec Heartbreak Hotel;
Elvis a tout juste vingt ans.
Le troisième
Son arrivée sur un média récent : la télévision
qui va lui permettre d'être vu par des millions de téléspectateurs.

Problème :
la télévision est un moyen de rassembler la famille,
d'ou l'inévitable conflit des générations
qui va se cristalliser autour du "phénomène" Presley.
Ed Sullivan, l'animateur vedette sur CBS, déclara :
« pas ma tasse de thé »,
et dans un premiet temps refuse de l'inviter dans son show,
malgré le succès fulgurant de « Heartbreak Hotel » en 1956.
Elvis fait donc ses débuts dans « Stage Show »
de Tommy et Jimmy Dorsey sur CBS le samedi 28 janvier 1956,
interprétant « Shattle, Rattle And Rock ».
Il se produit dans le show durant six semaines consécutives,
changeant de répertoire à chaque fois

Scandale national
Le 3 avril 1956, Elvis se produit sur NBC dans le prestigieux

« Milton Berle Show »
à bord de l'USS Hancock dans les chantiers navals de San Diego.
Au milieu des marins en tenue Elvis et son trio
joue « Heartbreak Hotel, déjà n°1.
Puis il se lancent dans un « Blue Suede Shoes » comme des possédés.
La presse américaine lance alors
une campagne de destruction d'Elvis Presley,
déclaré coupable d'obscénité et de blasphème,
accusé de pervertir la jeunesse.
Les réactions sont encore plus violentes

après son deuxième passage, avec « Hound Dog »,
qui dépasse tous les records d'audience
Milton Berle reçoit pas moins de
sept cent mille lettres d'insultes et de menaces.
Le New York Times
compare le chant et le jeu de jambes d'Elvis à celui d'un « cochon » ;
le quotidien entraîne derrière lui
toute la presse conservatrice et religieuse.
Toujours sur NBC, Steve Allen promet de présenter dans son
« Tonight Show », « un nouvel Elvis », expurgé.
Des associations familiales et religieuses
tentent de faire interdire ses spectacles pour
« vulgarité et débauche de notre jeunesse ».
Un journal commente :
« Elvis ne sait pas chanter, pas jouer, pas danser.
Deux mille crétins se déplacent partout où il passe,
seulement pour le voir gigoter
comme n'importe quelle s….. de strip-teaseuse. »
Le 9 septembre 1956, toutefois, c'est la révolution :
Elvis se voit ouvrir les portes du « Ed Sullivan Show »,

l'émission la plus populaire du pays.
Sullivan, (qui avait dit d' Elvis : « pas ma tasse de thé »),
victime d'un accident de voiture, est absent
et l'émission est présentée par Charles Laughton.
Elvis Presley, assez crispé, y chante « Don't Be Cruel »,
(un clic sur l'image pour écouter Love me tender
et avoir accès à une quinzaine de vidéos sur Elvis)
« Love Me Tender », « Ready Teddy » et « Hound Dog ».
Ce soir-là, l'émission atteint une audience record,
plus de cinquante millions de téléspectateurs,
ce qui représente plus de 80 % de part d'audience.

Ed et Elvis
Lors de sa deuxième apparition au Ed Sullivan Show,
il se teint les cheveux en noir, alors qu'ils étaient jusque-là châtain clair.



Presley s'y produira encore,
faisant taire les critiques et rassurant les parents,
s'imposant comme une star, et non plus comme un rebelle.
Les apparitions de Presley,
récompensées par ces excellent scores d'audience,
ont ainsi permis au rock'n' roll d'être accepté par le grand public.

à bientôt et merci de penser à booster ce blog,
qui a déjà beaucoup progressé
http://elvisforever.boosterblog.com
Ce mois 27 ème sur 6401 blogs sur la musique
à ma Léa, qui malgré sa souffrance ne manque pas de passer. Bisouxx, je pense fort a toi.

Elvis et Parker
Nous avions laissé Elvis au :
Le 9 septembre 1956, toutefois, c'est la révolution :
Elvis se voit ouvrir les portes du « Ed Sullivan Show ».
Parallèlement à la télévision, Elvis poursuit ses tournées
qui deviennent très vite une sorte de Kermesse,

dangereusement incontrôlable.
Il se produit devant des foules immenses,

arrivant en Cadillac rose et surprotégé par les policiers.


L'Amérique veut voir et toucher ce jeune chanteur
devenu en moins d'un an l'idole des jeunes.

1er album d'Elvis Presley de 1956 constitué de 5 enregistrements de
Sun Records et 7 enregistrements de RCA.
L'année 1956 se termine en beauté,
Elvis décroche son 48e disques d'or de l'année,
il fait l'objet d'une véritable vénération hystérique
et déclare au fisc / 22 millions USD en revenus.

Dès 1955 le cinéma lui fait un clin d'œil,
il tourne "Love me tender",

titre français du "Cavalier du crépuscule".
Le succès est moyen,
mais la filmographie aura sa propre catégorie, plus tard.

Une page est définitivement tournée,
le petit blondinet, né dans une famille pauvre,

habitant une humble demeure et vivant de petit bouleau
est devenu l'idole des jeunes américains.

A bientôt et merci de penser à booster ce blog,
qui a déjà beaucoup progressé
http://elvisforever.boosterblog.com
Relevé au samedi 4 juillet 20H36, sur Booster blog :
Mon blog Les Arts http://harmonynicolefrance.spaces.live.com
a été
,
Allez les Fans il faudrait qu'il arrive la même chose au King.

|
Rock and roll signifiant :
"balance et roule"
1956

Elvis interpréte tous les genres musicaux de son époque et de son pays,
alliant le rhythm'n'blues noir et la country blanche
pour donner naissance à une musique qui électrisera l'Amérique,
puis le monde entier pendant des décennies.
Elvis se donne à fond, si bien que le 23 février,
après une performance à Jacksonville,
Elvis s'effondre d'épuisement,
il est transporté d'urgence dans un hôpital voisin.

Au mois de mars, Elvis renegocie son contrat avec le Colonel.
"Je ne sais si je vous l'ai déjà dit,
mais 56 est l'au Elvis se teint en brun"
Au printemps, à Lubbock, Texas, un jeune gang incendie sa voiture.
Bob Neal a écrit:
" On a presque peur de la réaction des adolescents (blanc).
Beaucoup d'entre eux, ont une sorte de jalousie,
pratiquement de haine envers Elvis".
Même pour de nombreux adultes blancs, le chanteur est
"le premier symbole de l'adolescence rock en rébellion. ...
et ils le condamné comme dépravé".
Ce sont des "Anti Negro"
au courant des origines de l'expression
"rock 'n' roll».
Elvis est vu comme l'incarnation visuelle et auditive du sexe.
Un critique du New York Daily Nouvelles
a écrit que la musique populaire a atteint son niveau le plus bas dans le
"grognement et l'aisne, bouffonneries d'un Elvis Presley".
Les jésuites l'ont dénoncé dans leur hebdomadaire et
Frank Sinatra dit à son propos
"Son genre de musique est déplorabe,
d'une odeur rance et aphrodisiaque.
Il favorise des réactions totalement négatives
et destructrices chez les jeunes".
Elvis a répondu a cela ainsi qu'à
d'autres réflexions désobligeantes de Sinatra :
J'admire l'homme,
il a le droit de dire ce qu'il veut,
il a un grand succès,
est un bon chanteur, un bon acteur,
mais je pense qu'il ne devrait pas dire
que le rock and roll est une tendance,
et se rappeler ses débuts".
Selon les dossiers du FBI,
Presley était considéré comme
"un danger précis pour la sécurité des Etats-Unis".......
Son jeu de scène est qualifié de "strip tease"
et d'"autogratification sexuelle".
Certains n'hésitent pas à le comparer avec la masturbation,
et voient en lui un pervers sexuel, un hystérique,
très mauvais exemple pour la jeunesse.
Elvis est même arrêté par un juge qui menace de l'arrêter
si il continue à "secouer" son corps lors d'un concert.

Elvis retourne au Mississippi-Alabama Fair and Dairy Show,
ou il avait remporté le 2ème prix pour le chant à l'age de dix ans.
Mais cette fois, des centaines de gardes nationaux
sont appelés à contrôler la foule.

Le 15 novembre a lieu au cinéma Paramount de New-York.
l' avant-première de :
Love me tender.

C'est le premier de ses 31 films, pour la plupart des navets,
dont le seul but est de vendre au cinéma les chansons d'Elvis.

Les chansons qui ont fait fureur en 1956 :

"Don't Be Cruel," "Love Me Tender,"
"Ready Teddy," "Hound Dog"
Le 25 novembre,
Elvis rend visite à son grand-père Elvis Jesse D. Presley à son travail -
l'usine d'embouteillage Pepsi à Louisville.
1956 est également l'année de créations d'associations opposées
à "la musique du diable", le rock and roll.




Le king aurait eu 75 ans le le 8 janvier 2010.
A cette occasion, Priscilla, son ex-femme et sa fille Lisa Marie,
ont découpé une gâteau d'anniversaire sur la pelouse de Graceland.
Lors de la première, Elvis, qui chante ce jour-là à Las Vegas, sera absent,
mais les fans sont là,
pour assurer le triomphe
du premier long métrage tourné par leur idole.
Le succès est assuré par la chanson vedette du film,
que les fans s'arrachent depuis 2 mois.
L'histoire
"Alors que la guerre de Sécession touche à sa fin,
un groupe de soldats sudistes attaque une trésorerie Yankee et file avec le butin.
Parmi eux, trois frères : Vance, Ray et Brett.
Au lieu de remettre l'argent à l'armée sudiste en déroute,
ils décident de se le partager.
Ce trésor de guerre va attiser bien des convoitises..."
le film est un western
pas plus que les 30 autres tournés par Elvis,
il ne restera dans les annales du 7ème Art.
Le film est tiré d'un roman :
The Reno Brothers
Deux jours après le début du tournage,
Elvis avait enregistré cette ravissante ballade.
Immédiatement, ils avaient tranché :
le film ne s’appellerait plus The Reno Brothers,
mais Love Me Tender.
Dommage que dans la version française
le titre soit lourd et creux :
Le Cavalier du Crépuscule…

Avec cette chanson,
Elvis devient le patron incontesté de la vague rock’n roll
qui déferle sur l’Amérique, et bientôt sur le monde.
le rocker un peu voyou sait se faire crooner
et tendre séducteur.
De quoi commencer à rassurer les parents
et les très puissantes ligues de vertu américaines.
|
|
Love Me Tender
est une chanson sentimentale écrite par Ken Darby pour Elvis Presley.
La mélodie est tirée d'une chanson datant de la guerre de Sécession américaine,
Aura Lee.
Le disque s'est classé en tête du Billboard Hot 100
pendant cinq semaines consécutives en novembre et décembre 1956.
Cette chanson fut interprétée par Elvis en compagnie de
Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Johnny Cash le 4 décembre 1956
pour ce qu'on a appelé
The Million Dollar Quartet.
En 2003,
elle a été classée 437e plus grande chanson de tous les temps
par le magazine Rolling Stone.
Quelques images du film

Merci pour les cadeaux, certaines images ayant disparues...
J'ai été obligée de retoucher le billet.

FOR EVER I LOVE YOU ELVIS

Une forteresse

C'est le 19 mars 1957, qu'avec ses revenus de l'année précédente,
que The King achète la propriété de Graceland
(où il vivra jusqu'à sa mort) à Memphis.
La maison de 24 pièces, sur un terrain de 13 hectares
est payée 120.500 dollars.
Elle se situe sur le Highway 51, South Memphis,
le nom sera changé le 19 janvier 1972, en Elvis Boulevard.
C'est une véritable forteresse qu'Elvis aménage
(un demi-million USD de travaux pour faire de Graceland son royaume.)
et dans laquelle il installera sa famille,
père, mère, tantes, oncles, cousins, cousines.
Tout un groupe d'amis ou d'anciens camarades d'école
deviennent jardiniers, chauffeurs ou comptables pour Elvis.
La chambre d'Elvis
Chambre des parents d'Elvis
LE SALON DE TÉLÉVISION
Ce salon est équipé de tous les appareils audiovisuels
( télévision, chaîne stéréo , écran et projecteur de cinéma ).
Il a été décoré par un architecte d'intérieur, Bill Eubanks, en 1974.
Celui ci a également réalisé la salle de billard et le bureau d'Elvis.
" Ici le temps s'est arrêté.
Vous auriez pu facilement voir la photo d'une pièce similaire
en couverture d'un magazine de décoration
au milieu des années soixante dix.
Le chrome, le verre, les spots, le graphisme général,
tout était très " in" à l'époque,
de même que les miroirs aux murs et au plafond.
Il permettaient d'ouvrir la pièce, de s'y sentir moins à l'étroit."

Elvis voulait que l'éclair de son logo TCB
soit incorporé d'une façon ou d'une autre au décor,
sans rompre l'unité composée par les trois postes de télévision,
la chaîne stéréo et le juke-box intégré.
Avec Linda Thompson,
ils souhaitaient un endroit lumineux accueillant, ouvert.
Ces impératifs respectés,
le décorateur était libre de proposer toutes nouvelles idées
soumises au jugement d'Elvis.
cadeau de Sergio
Rendez vous bientôt pour la suite de la visite chez
C'est pour cette raison que j'interromps notre visite à Graceland
The King (Le Roi)
8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi - 16 août 1977 à Memphis, Tennessee
YouTube - Candlelight vigil at Graceland
Ce billet a été réalisé grâce au texte de Gabriel Segré de l'Université Parix X,
La tombe d’Elvis Presley
est devenue un véritable lieu de pèlerinage pour les fans du monde entier,
qui sont des dizaines de milliers chaque année à gagner la ville,
pour y célébrer l’anniversaire de sa disparition, le 16 août 1977.
Durant cette périodes les festivités et les hommages se multiplent à Memphis,
et plus particulièrement aux abords de Graceland,
et sur la Plaza, sorte de grande place envahie par les fans,
où se trouvent réunis tous les marchands, magasins de souvenirs
et les musées consacrés à Elvis.
Ce depuis 1983,
et la création de l’Elvis International Tribute
"Elvis Week".
Parmi ces différentes cérémonies, il en est une,
la "Candlelight",
"Candlelight" signifie littéralement " Lumière"
qui retient particulièrement l’attention,
illustrant parfaitement l’engouement des fans pour Elvis
et leur ferveur toute religieuse.

Cette cérémonie témoigne, en outre, du savoir-faire de l’Estate
et de sa capacité à entretenir et développer le culte d’Elvis,
source de profits considérables.
C’est durant la nuit du 15 au 16 août qu’a lieu la cérémonie annuelle de la Candlelight, qui participe à la fois d’une sorte de longue procession jusqu’à la tombe de Presley, et d’une retraite aux flambeaux. Dès le matin, des fans s’entassent devant la grille d’entrée de la propriété, le long du mur qui longe le parc et s’étend sur plus d’une centaine de mètres, parallèle au boulevard Presley. Les premiers arrivants déjà nombreux (certains sont là depuis l’aube) sont assis sur des couvertures, ou des chaises pliantes. Ils ont apporté des magnétophones et écoutent des cassettes d’Elvis, lisent des journaux afin de tromper l’ennui. Certains groupes ont installé des parasols, des ventilateurs à pile. Ils sont, bien entendu, vêtus du costume coloré de fan : ils portent tee-shirts, casquettes, vestes, bandeaux, badges, sacs à l’effigie du King. Certains de ces attributs sont parfois aux couleurs du fan-club auquel ils appartiennent, ou encore proclament l’événement. On peut y lire alors des inscriptions telles que : « 20e anniversaire », ou : « Elvis’ week 97 ». Ces parures affirment l’identité de fan et expriment l’appartenance à la communauté rassemblée. La vision de ces milliers de tee-shirts semblables représentant Elvis, des ces cinq lettres ou de ce visage présents sur tous les corps, imprimés sur les vêtements, parfois tatoués sur la peau, donne le sentiment que ces milliers de fans ne font qu’un, malgré leurs différences d’âges, de nationalités, d’appartenances socioculturelles. Ils ont apporté des paniers de provisions, des sandwiches et autres victuailles, des bouteilles d’eau ou de Coca-Cola, pour calmer leur faim, apaiser leur soif. Ils ont l’air calmes, détendus, heureux. Leur attente va durer toute la journée, la cérémonie n’étant pas prévue avant 21 heures, heure d’ouverture des portes. Mais ils seront les premiers à franchir les grilles de Graceland et à accéder au Jardin des Méditations, au tombeau d’Elvis Presley.
Certains laissent des témoignages de leur présence ou de leur amour du King sur le mur de la propriété auquel ils sont adossés. Équipés d’un marqueur prévu à cet effet, ils inscrivent quelques lignes empreintes de ferveur et d’admiration, qui parfois trahissent une grande émotion, et indiquent la date, leur nom. Il s’agit non pas d’actes de vandalisme ou blasphématoires ; la transformation du mur en réceptacle de prières écrites (et plus généralement des parements d’édifice en tableau d’écriture) est le signe d’une relation « détendue » avec le lieu sacré. Il ne reste guère de place depuis des années, et les témoignages se chevauchent, aussi certains fans écrivent-ils par terre, à proximité du mur.
Dans le complexe de Graceland, sur la Plaza, on sent qu’il ne s’agit pas d’une journée ordinaire, même si les boutiques, la poste, les cafés et les restaurants sont ouverts, même si les visites des différents musées, de la maison de Graceland, et l’ensemble des activités se poursuivent normalement. La différence réside dans le fait que les fans n’ont jamais été aussi nombreux, à l’instar des journalistes, des équipes de radio et télévision, dont les studios improvisés se sont multipliés. Aux nombreux fans déjà présents depuis le début de l’Elvis Week, se sont ajoutés tous ceux qui viennent à Graceland spécialement et uniquement pour la Candlelight. Il s’agit, pour beaucoup d’entre eux, d’Américains qui peuvent se permettre de faire le trajet qui les mène de chez eux à Memphis pour un séjour d’un ou deux jours. La matinée touche à sa fin et une certaine émotion commence à gagner les fans. La cérémonie de ce soir devient vite le centre de toutes les discussions. Il s’agit incontestablement du moment fort de la semaine, tant attendu, tant désiré, depuis si longtemps. Les fans qui ont déjà participé à la Candlelight expliquent son déroulement aux novices, lesquels ont déjà entendu mille fois ces récits exaltés et savent par cœur depuis bien longtemps les moindres détails de la cérémonie. Mais l’écoute qu’ils accordent aux différents orateurs qui se succèdent et se répètent demeure intéressée, parfois passionnée, entrecoupée de questions dont pourtant ils connaissent les réponses. Chacun vit à l’avance l’événement, déjà gagné par l’émotion, comme pour habituer doucement le cœur, le corps, l’esprit, l’affect à ce sentiment qui va aller croissant, comme pour se préparer à affronter cette vague d’émotion qui va les submerger. De nombreux fans poursuivent cependant leurs activités, visites diverses, achats, promenades, errances dans le complexe de Graceland, sans sembler se préoccuper outre mesure de l’événement qui se prépare. Il est encore tôt, la cérémonie n’est prévue que dans une dizaine d’heures.
Certains groupes ou individus isolés rejoignent progressivement la file d’attente le long du mur, laquelle s’étend de plus en plus, se resserre pour devenir plus compacte. Vite conséquente, elle est composée d’environ cent, deux cents, puis cinq cents personnes et plus. En milieu d’après-midi, les fans ne parlent plus que de la Candlelight. La file d’attente se fait de plus en plus dense et de multiples rumeurs parcourent les allées du complexe. Selon l’une d’elles, quinze mille fans sont attendus devant le tombeau ; selon une autre, trente mille. J’entends qu’au minimum cinq heures d’attente seront nécessaires pour accéder au Jardin des Méditations. Il est bientôt question de six heures. Donc, si on attend 21 heures pour intégrer la masse humaine longeant le mur, on risque de ne parvenir au tombeau que le lendemain à l’aube, et ainsi de devoir patienter toute la nuit pour pouvoir enfin saluer la mémoire d’Elvis, déposer sur sa tombe bougies, fleurs ou autres présents. Le bruit court en effet que, cette année, le taux de participation à la cérémonie va battre tous les records, qu’elle durera toute la nuit et une partie de la matinée du lendemain.
Dès la fin de l’après-midi, le boulevard Presley est noir de monde. Il est maintenant fermé à la circulation. Des deux côtés du boulevard, des barrières ont été installées par les forces de l’ordre afin d’empêcher l’accès des voitures, mais aussi pour indiquer le trajet que devra suivre la file d’attente. Celle-ci part des grilles de Graceland et longe le mur sur une centaine de mètres, encadrée par le mur d’un côté et des barrières de l’autre. Puis elle fait demi-tour et parcourt la trajectoire inverse, encadrée par la première série de barrières puis par une seconde série, repassant devant les grilles. La file d’attente fait un nouveau demi-tour, parcourant encore une centaine de mètres, puis un troisième, etc. Elle occupe ainsi une bonne partie de la longueur du boulevard et presque toute sa largeur. La foule, compacte et dense, s’entasse entre ces barrières. Il ne reste bientôt plus de place dans la file d’attente ainsi organisée. À l’heure du début de la cérémonie, le jour décline lentement et l’émotion se fait plus intense, pour devenir presque palpable. Les fans sont munis de bougies achetées dans les boutiques de Graceland, mais aussi de roses, de couronnes, de présents divers, autant d’offrandes destinées au tombeau. Sur l’espace laissé vacant sur le boulevard, des groupes, qui n’ont pas encore intégré la file d’attente, sont assis, parfois sur des couvertures. Ils font brûler des bougies à même le sol : certains écoutent des morceaux d’Elvis, d’autres les chantent. L’un de ces groupes a amené une poupée représentant Elvis, se dressant tel un totem figurant le dieu du clan. D’autres ont installé des drapeaux à l’effigie du King. Toute la nuit, seront ainsi présents sur une partie du boulevard de petits groupes, installés autour de bougies dégageant leur petite flamme dans l’obscurité, attendant leur tour pour intégrer la file d’attente et participer à la cérémonie. Devant l’ampleur de cette file, constamment nourrie de nouveaux arrivants, certains pourtant renonceront ; ils commémoreront alors la mémoire d’Elvis, à leur façon, se recueillant devant ces bougies qui brûleront toute la nuit.
Quelques fans opteront ainsi pour une participation partielle au rite, du fait des conditions difficiles de sa pratique intégrale. Ils sont déjà allés, et souvent à de multiples reprises, parfois quotidiennement, rendre hommage sur la tombe de Presley, et pourront y retourner après la cérémonie, le lendemain matin ; aussi abandonneront-ils l’idée de franchir les grilles de la propriété le soir de la cérémonie.
Quelques rares fans particulièrement originaux affirment ne voir que peu d’intérêt à défiler ainsi, pendant toute la nuit, une bougie à la main. Ils refusent d’obéir passivement à ces règles organisant l’hommage.Certains confessent avoir déjà participé à la Candlelight suivant les règles prescrites et ne pas ressentir le besoin de réitérer l’expérience. Ils combleront cette « lacune », répareront par un acte particulier ce « manquement » aux règles – qu’ils refusent de définir ainsi, mais que beaucoup de fans perçoivent pourtant de cette manière. Ainsi ils brûleront un cierge, prieront, penseront à Elvis, se recueilleront, écouteront un disque, et souvent combineront ces différentes démonstrations.
Tous participeront à la Candlelight, chacun à sa manière. Ils se joindront aux différents groupes d’attentistes, feront partie de la foule siégeant sur le boulevard Elvis, veilleront dehors, à proximité des grilles de la maison, une partie de la nuit, sinon toute la nuit. Ils partageront avec les « puristes » l’émotion, la tristesse, le respect, le recueillement, l’élan de passion, de ferveur qui régneront le soir du 15 août. Pour eux aussi, Elvis sera présent, plus vivant, plus digne d’amour que jamais. Eux aussi seront submergés par les souvenirs, auront le sentiment de vivre un moment intense, rare, précieux. Eux aussi consacreront toutes leurs pensées au King.
La plupart des fans, cependant, suivront le rite selon les règles prescrites, et obéiront à la lettre au code de conduite régissant la cérémonie.
Afin de pouvoir participer ainsi aux différentes phases de la Candlelight (l’attente, le franchissement des grilles de la propriété, la lente procession jusqu’au tombeau, le dépôt de la fleur, de la bougie ou des présents, la minute de recueillement, le retour aux grilles…), ils élaborent différentes stratégies. Certains, on l’a vu, ont décidé de s’installer devant les grilles dès l’aube, et d’attendre toute la journée, afin d’être les premiers à rendre hommage au King. Ils pourront ainsi pénétrer dans le Jardin bien avant minuit, au prix d’une longue journée d’attente. D’autres profitent de la journée pour se reposer, faire une sieste à l’hôtel, à l’issue d’une semaine éprouvante, et se préparent à affronter une nuit blanche. Ils rejoignent la file d’attente en fin d’après-midi, en début de soirée, voire même après l’ouverture des grilles et le début de la procession. Certains vont errer sur le boulevard, au milieu de la foule, espérant que la file d’attente diminue un peu, jusqu’au moment où, convaincus de la vanité de leur espoir, ils l’intégreront et accepteront le lot commun à tous : cinq heures d’attente, si ce n’est plus. Ainsi toute la nuit, quand sera donné le coup d’envoi de la procession, le flot humain se déversera entre les grilles de Graceland, sans diminuer pour autant, constamment nourri de nouveaux fans.
20 h 30, le boulevard Presley, large d’une quarantaine de mètres, est noir de monde sur plusieurs centaines de mètres. Des enceintes innombrables ont été installées, d’où s’échappe la voix de Presley qui envahit la place. Le service d’ordre est considérable, regroupé près de l’entrée du domaine de Graceland où se trouvent la « sono » et une estrade, destinées aux différents orateurs prévus par le protocole. Une table a également été installée sur laquelle ont été posés des verres d’eau avec de la glace, à la disposition des fans. Des membres du service d’ordre, munis de talkie-walkie, vêtus de l’uniforme bleu et blanc de l’epe, circulent au milieu de la foule pour prévenir le moindre incident. D’autres uniformes, ceux de la police, sont également visibles. Deux voitures de police, tous phares allumés et dont les gyrophares diffusent une lumière bleue, sont rangées de chaque côté du boulevard à l’endroit où la circulation est interrompue. Quelques policiers discutent à proximité de la voiture ; certains ont des badges Elvis, ils plaisantent avec des fans. La file d’attente est plus dense, plus compacte que jamais. Les groupes assis devant une bougie, éparpillés sur l’espace vacant du boulevard, se sont multipliés et resserrés ; le nombre de fans se promenant au milieu de ces groupes, dont la déambulation devient de plus en plus difficile, s’est également accru. Comme toujours à Graceland, depuis le début de l’Elvis Week, les flashs crépitent et illuminent la nuit. Tout le monde prend tout le monde en photo. Les fans les plus colorés, les plus photogéniques, sont présents ; les sosies sont nombreux, leurs costumes flamboyants, les couronnes sont magnifiques, les présents multiples et variés, parfois très spectaculaires. Curieusement, le complexe de Graceland est toujours noir de monde. Le boulevard, pourtant bondé, ne suffit pas à accueillir tous les fans venus à Memphis. Les terrasses de café demeurent occupées, ainsi que les allées et les places du complexe. Les boutiques de souvenirs sont toujours ouvertes et ne désemplissent pas. À 300 mètres du complexe, longeant le boulevard Elvis, la station-service qui vend bière, cigarettes et nourriture à emporter est prise d’assaut ; une file d’attente, en aller-retour également, déborde largement à l’extérieur., Une estrade, où se déroule un karaoké, a été installée sur le parking. Sur la scène se succèdent des fans, micro au poing, qui chantent les chansons d’Elvis, dont la musique est diffusée par de puissantes enceintes. Face à eux, un groupe de spectateurs particulièrement indulgents les encourage, reprenant en chœur les refrains.
également l’éloge des fans, venus si nombreux à ce grand rendez-vous annuel, et les félicite de leur fidélité, les remercie de leur amour jamais démenti pour Elvis. « Vous êtes 13 000 ! » ajoute-t-il, « le King est plus populaire que jamais ! ». Ils s’adresse à eux comme à des membres d’une même fraternité, et n’hésite pas à employer le terme de « famille ». Le lien communautaire acquiert ainsi symboliquement le statut de lien consanguin, et la « communauté d’esprit », pour reprendre les termes de F. Tönnies [1944], s’oriente vers la « communauté de sang ». Les fans applaudissent, hurlent, se manifestant ainsi à chacune de ces affirmations. Le discours se termine et une chanson d’Elvis est diffusée par les haut-parleurs.
Puis, deux responsables du Country Fan Club du Tennessee prennent place à leur tour sur l’estrade. Ils expliquent qu’il y a plusieurs années, tandis que la Candlelight n’existait pas encore, ils ont décidé, pour rendre hommage à Elvis, d’aller le soir du 15 août, une bougie allumée à la main, sur la tombe du chanteur. Ils étaient alors une dizaine. D’année en année, ils se sont retrouvés plus nombreux à exercer ce petit rituel, jusqu’à ce que l’epe dirige, organise, institue officiellement la Candlelight ; les participants se sont alors multipliés. Les responsables du Country Fan Club poursuivent leur discours en évoquant leur amour pour Elvis et le bonheur que ce dernier leur a apporté. À nouveau, on entend célébrer le King et les fans. À nouveau, cris, hurlements, applaudissements entrecoupent les propos.
A ce discours succède une nouvelle chanson d’Elvis. Les premières notes de My Way – une chanson aux accents dramatiques évoquant un homme proche de la fin, qui fait le bilan de sa vie – se répandent sur la foule. L’émotion gagne les fans et se traduit par les premiers pleurs, les premiers sanglots.
Quand la chanson se termine, un responsable rejoint la scène et harangue la foule. « Allumez vos bougies, montrez à Elvis votre amour », enjoint-il. Le boulevard est bientôt allumé par des milliers de petites flammes rapprochées et scintillantes, tandis qu’une ovation accompagne ce spectacle dont chacun est à la fois acteur et spectateur. Puis c’est au tour de la chanson Can’t help falling in love d’être diffusée. Le responsable encourage les fans à reprendre en chœur les paroles. Plusieurs milliers de voix accompagnent alors celle d’Elvis, et un chœur gigantesque couvre bientôt les accords tristes du piano.
Les fans chantent, la voix brisée par une émotion sincère, se traduisant par des pleurs largement encouragés, valorisés, suscités par une mise en scène spectaculaire. Cette émotion non contenue exprime l’amour pour Presley, l’ampleur et la sincérité de la dévotion. Elle se donne à voir à tous, au même titre que le tee-shirt orné du visage du chanteur.
Les grilles de Graceland sont toujours fermées. Le signal du départ de la procession n’a pas encore été donné, mais il ne fait aucun doute que la cérémonie a bien commencé, avec les premiers discours, les premières diffusions de chansons. Le responsable tient le rôle de l’officiant : il est chargé, non seulement de faire patienter les fans, mais d’entretenir l’émotion, de la développer, d’encourager la ferveur, fonction dont il s’acquitte avec beaucoup de brio et d’efficacité. Il demande maintenant une minute de silence à la mémoire d’Elvis. Va suivre l’un des moments les plus impressionnants, les plus émouvants de la nuit. La foule se tait soudain. Et d’une vingtaine de milliers de gens ne parvient plus le moindre son. Au sein de cette multitude incroyablement silencieuse, on ne voit plus que des visages recueillis, graves, immobiles, toujours en pleurs. Un jeune couple est enlacé, figé dans cette posture amoureuse, chacun semblant soutenir l’autre. Plus loin, une femme d’âge mûr pleure silencieusement, sans esquisser un geste pour essuyer ses larmes. Beaucoup se tiennent par la main, comme pour communier dans cet instant de grande tristesse, et trouver un réconfort dans le contact avec l’autre. Le boulevard Presley est ainsi le théâtre de quantités de scènes parfois pathétiques, témoignant de l’immense investissement affectif des fans à l’égard d’Elvis.
Tous ces rites élémentaires contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance, à maintenir et développer le lien intégrateur, à conduire la communauté à prendre conscience d’elle-même. Toutes ces bougies allumées sur ordre de l’officiant rendent visible, palpable, un lien communautaire qui se cristallise, prend corps sous les yeux des fans. La minute de silence offre également le spectacle d’une impressionnante unanimité, d’une union parfaite dont chacun prend conscience. Et quand des milliers de voix reprennent à l’unisson la chanson Can’t help falling in love, c’est la voix, puissante, vibrante de la communauté qui retentit sur le boulevard. L’observateur extérieur se trouve littéralement confronté à cet « être collectif », ce « tout composé de parties » cher à E. Durkheim.
Le responsable déclare alors qu’il est temps d’ouvrir les grilles et de commencer la procession. Il demande calme et dignité. Un long périple attend les fans. Les plus faibles d’entre eux doivent commencer à se ressentir de l’attente éprouvante qui fut la leur.
Des malaises sont à craindre. Aussi le responsable invite-t-il les fans à faire preuve de solidarité. Il prône l’entraide et rappelle que des personnes handicapées, des personnes âgées, des enfants se trouvent parmi les fans. Tout mouvement de foule doit être banni, toute bousculade prévenue. Chacun se doit de déceler le moindre signe d’épuisement chez le plus faible et immédiatement lui venir en aide. Ces recommandations ainsi effectuées, le responsable donne le signal du départ de la marche.
Le portail de Graceland s’ouvre enfin. La lente procession peut commencer, les premiers fans qui attendent depuis l’aube pénètrent à l’intérieur du domaine. Ils franchissent les grilles, accompagnés de membres du service d’ordre de Graceland, et débutent leur ascension jusqu’à la maison. Toute la nuit, l’interminable file d’attente évoluera, et un flot continu de bougies allumées s’écoulera ainsi entre les grilles et la tombe, la tombe et les grilles, pendant près de huit heures.
Tenant, pour la grande majorité d’entre eux, leur bougie allumée dans une main et le présent destiné à la tombe dans l’autre main, les fans parcourent lentement sur une centaine de mètres le chemin en pente douce qui traverse le parc et mène au Jardin des Méditations, à proximité de la maison.
Le chemin est bordé de larges pelouses. De chaque côté de celui-ci, sur toute sa longueur, sont plantées des couronnes, sortes de panneaux fleuris, confectionnés et déposés par les fans. Il y en a des centaines. Certains représentent des cœurs ou des guitares composés de gerbes de fleurs ; sur d’autres, on peut voir le portrait d’Elvis, ou un texte élogieux, un témoignage d’amour, dans un cadre également confectionné avec des fleurs. Ces panneaux, hauts en couleurs, sont magnifiques et témoignent de l’imagination débordante, du talent artistique des fans. Ils étaient destinés au Jardin des Méditations et à la tombe du chanteur. Mais les panneaux s’étant accumulés dès le début de la semaine, les nouveaux arrivants à Memphis ont été contraints de déposer progressivement les leurs le long du chemin : la rangée de panneaux fleuris s’étend de la tombe aux grilles de l’entrée de la propriété.
La marche des fans est lente et solennelle. Les visages sont émus, recueillis. La dévotion, le respect se lisent sur chacun d’eux. Beaucoup sont silencieux, perdus dans leurs pensées dont j’imagine qu’elles vont toutes vers Elvis. Pierre, un fan du groupe avec lequel je suis parti, me pose la main sur le bras en me disant : « C’est beau, c’est grand, il n’y a que pour Elvis que tu peux voir ça », désignant les milliers de petites flammes qui se déplacent lentement. Une centaine de mètres plus loin, dix minutes après, on parvient au Meditation Garden où attendent d’autres employés du service d’ordre. L’hommage, le recueillement, la prière sont brefs. Il ne s’agit pas de s’éterniser devant la tombe d’Elvis : celle-ci attend tout de même la visite de 30 000 personnes. La plupart des fans y déposent, très solennellement, avec une application extrême, une couronne ou une simple fleur, une bougie, un message écrit, un ours en peluche (symbole de la chanson Teddy Bear). Certains l’embrassent du bout des doigts, d’un geste empreint de pudeur et de tristesse. La tombe d’Elvis est bientôt recouverte d’un amas de fleurs, et notamment d’un nombre considérable de roses rouges, bougies, et autres offrandes formant un tas qui atteindra plus d’un mètre de hauteur à l’aube. Les scènes d’émotion auxquelles je suis maintenant accoutumé se répètent. Les larmes, les sanglots accompagnent le rituel. Certains s’enlacent, se tiennent par la main, se consolant mutuellement avant ou après le dépôt de l’objet offert. Chaque fan reste quelques secondes immobile devant la plaque de marbre où l’on peut lire en lettres dorées « Elvis Aaron Presley », le temps de réciter doucement une courte prière, de se recueillir, ou de verser une larme, puis il s’écarte, laissant la place à un autre fan.
Les quatre autres tombes de la famille Presley ne sont pas oubliées : chacun leur tour, les fans se recueillent ensuite sur celles de la mère d’Elvis, de son frère jumeau mort-né, de ses grands-parents, et les ornent de la même façon. Une atmosphère de recueillement, de grande ferveur, de grande piété, de dévotion, règne sur les lieux. Les fans sont à la fois tristes – car Elvis n’est plus, comme le prouve la tombe à laquelle ils rendent hommage – mais également heureux, car ils sont là, si nombreux, à vivre un tel instant. Heureux qu’Elvis soit toujours si présent, si « vivant » comme le prouve la Candlelight.
Ils attendent parfois quelques compagnons, et reprennent leur lente progression. Quittant le Jardin, ils descendent le chemin par lequel ils sont montés, franchissent le portail de la propriété et se retrouvent sur le boulevard.
Au cours de la nuit, on entendra un message : des parents dont l’enfant s’est perdu l’attendent au siège de l’epe. Puis dix minutes après, un second message annonce que l’enfant a retrouvé ses parents ; il est accueilli par une véritable ovation.
L’aube pointe progressivement, la file d’attente est encore longue. Sur le chemin menant de l’entrée de la propriété à la tombe, les deux flots humains continuent de s’écouler, parallèles, l’un montant jusqu’à la tombe, l’autre descendant vers les grilles. Il y a cependant moins de monde sur le boulevard. Le complexe de Graceland s’est vidé également. Beaucoup de fans sont rentrés se coucher, le ritu
Plus communément appelée « Elvis Week », il s’agit d’une semaine entièrement consacrée à Elvis Presley, aux cours de laquelle ont lieu toute une série de manifestations commémoratives : concerts, conférences, inauguration de statue, expositions, rétrospectives…
Le mot « Candlelight » signifie littéralement « Lumière de la bougie ». C’est le nom donné à cette cérémonie au cours de laquelle les participants tiennent une bougie allumée à la main.
Tous les ans, les fans d’Elvis Presley se rendent en pèlerinage à Graceland (Memphis), sur la tombe du chanteur disparu. La semaine du 16 août, date anniversaire de cette disparition, voit se multiplier les commémorations, cérémonies, célébrations diverses rendues à Presley. Celles-ci sont orchestrées par l’Entreprise Presley, qui détient les droits d’exploitation de l’image et du nom Presley et gère le culte du chanteur. Le rite de la Candlelight est certainement l’un des plus spectaculaires hommages rendus à Elvis. En 1997, quelque 30 000 fans ont ainsi pris part, une bougie allumée à la main, à cette longue et lente procession menant à la tombe de Presley, destinée à recevoir les présents et offrandes des participants. Ce rite illustre la ferveur religieuse des fans et l’entretien du culte du chanteur.